• 用户名 :

    User Name

  • 密码 :

    Password

Home>Articles>Chinese Classrooms
French

最复杂的汉字

中法对照版 2018年第4期 赵阳 2019-03-22

中国文学界自二十世纪初开始,就有名人建议将汉字简化。1956年,中国政府采取了一系列的文字简化措施:第一批被简化的汉字有569个。紧接其后的是1964年的2240个。自此,传统字(即繁体字)便属于旧中国,而简化字则在当代中国使用。当然,并不是所有的汉字都得到简化,有些太古老的汉字则从中文中消失,甚至在老字典里也无法查到。大名鼎鼎的字典《中国字海》,由冷玉龙在1994年负责编纂,收录了85000个汉字。但有人认为,如果要算上古汉字和某些专门领域的特殊词汇,中文其实包含了120000个以上的汉字。中国的文字爱好者在很多时候仍然坚持使用古汉字或者繁体字,比如说在写新年祝辞时和在书法艺术领域。汉字就是这样被玩味,被欣赏,被热爱,凝聚成为了中国一代代文人创造力的结晶。

大家经常会问笔划最多最复杂的汉字是哪一个,有人会回答是如下这个字。此字总共有160个笔划,却没法在任何一个权威的古字典里找到:这个字其实是四个相同的字的累叠(见16页图上右)。根据《说文解字》《集韵》和《康熙字典》的解释,此字实为雷字的古体(见16页图上左),四个字累叠起来,大概是指一种具有威力和特别可怕的雷电。

《康熙字典》

大家公认的笔划最多的汉字实际上是zhé和zhèng(见16页图下左、图下右),每个字分别包含了64个笔划,在前面提到的权威古字典中均能查到。我们可以看出,这两个字实际上也是由四个相同的部分累叠而成,被称作四同合体字。16页图下左上的字读zhé,根据《类篇》的解释,意为健谈,饶舌,是讋(zhé)的异体字。《说文解字》在它的《言部》这一章中,也给出了同样的解释。至于图四上的字,韩道昭在他的《五音篇海》中指出其读音为 zhèng,但表意不明。

虽然这两个字是中文中笔划最复杂的,但大部分中国人并不认识,他们倾向于认同另外一个包含了56个笔划的字,即biáng字。biáng代表的是陕西一种经由渭河水烹煮的有名面食(即biángbiáng面),在许多经营此特产的陕西面馆招牌上,还可以经常看到这个字。但严格来讲,这并不是一个真正的汉字:虽然在《关中方言考词语释》中被提及,但我们没法在任何一个古代中国的字典或作品中看到它。许多研究者想破解它的秘密,围绕此字也出现了许多的理论和构想。例如,民俗学家杨辉认为,此字在古代陕西的梅山地区被使用,通过多个汉字的组合,象征了在一场打猎中对马匹(马字居中)的围捕和猎杀。另外此字也有可能读piáng,象征着勇气和智慧的结合。语言学家郭芹纳则认为,它的发音可能是一种又细又长的面食bǐngbǐng  miàn(饼饼面)在陕西方言里的发音。而梁澄清看来,这个字可能是一个拟声词的标音形式,想表达的是在制作一种又宽、又长、又扁的面条时,使用的木棍所发出的声音。

令人惊讶的是,这个汉字(或具有象征意义的组合)在中国其它地区也能找到,比如湖南、湖北、河南、河北和山西,只不过字形,发音和意思都有所改变。按照杨辉的思路,我们认为这也有可能是一种通过将各种汉字合而为一,来表达吉兆象征的做法:在各种组合当中,我们可以看到多个汉字,例如月、日、言、心、戈、刀、丝、长、穴以及马等等。而且当其中的几个汉字合在一起时,我们甚至还可以看到表达爱意的字。这很容易就让人想到组字(即将多个汉字合而为一的组合方式)。

尽管biáng字不算是中文中笔划最多的汉字,但是却算得上是最神秘的。但愿研究者们尽快能够破译这个汉字所传递的秘密……

LE CARACTERE LE PLUS COMPLEXE DE LA LANGUE CHINOISE

Chinese-French No.4 2018 Zhao Yang2019-03-22

Entre des caractères très complexes et d’autres qui ont été simplifiés, l’écriture chinoise n’a cessé d’évoluer. Manipulés, admirés, aimés : les caractères chinois sont le témoin du génie créatif des lettrés chinois.

En 1956, le gouvernement chinois a mis en place une mesure de simplification des caractères chinois, demandée par certaines personnalités du monde littéraire depuis le début du XXe siècle. Une première série de caractères était concernée : ils étaient au nombre de 569. Une nouvelle liste a suivi en 1964, avec près de 2 240 caractères. Depuis, on parle de caractères sous forme traditionnelle (ou complexe) pour la Chine ancienne, et de caractères sous forme simplifiée pour la Chine contemporaine. Il est important de noter que tous les caractères existants n’ont pas été simplifiés, mais aussi que des caractères très anciens ont fini par disparaître de la langue chinoise, au point de ne plus être répertoriés que dans des dictionnaires anciens.

Le célèbre dictionnaire Zhonghua zihai 中华字海, compilé en 1994 sous la direction de Leng Yulong 冷玉龙, compte plus de 85 000 caractères. Mais certains estiment qu’en comptabilisant les caractères anciens et le vocabulaire spécifique à certains domaines, il existerait en réalité dans la langue chinoise plus de 120 000 caractères distincts. L’amour des Chinois pour leur langue et leur écriture fait qu’il y a des domaines dans lesquels ces caractères anciens ou bien simplement les caractères sous leur forme traditionnelle sont toujours utilisés, notamment à l’occasion du Nouvel an, pour les vœux de bonheur, ou dans l’art, avec des calligraphies de grands maîtres. Les caractères chinois sont manipulés, admirés, aimés, ils sont les témoins et les outils du génie créatif des lettrés chinois. ttrés chinois.

Le caractère « tonnerre » qui n’apparaît dans aucun dictionnaire

Les Chinois se demandent souvent quel est le caractère le plus complexe, c’est-à-dire celui qui comporte le plus grand nombre de traits. Certains avancent qu’il s’agirait du caractère ci-dessous. Ce caractère qui comporte au total 160 traits n’apparaît pourtant dans aucun des dictionnaires anciens connus : il s’agit plutôt d’un symbole composé d'un même élément reproduit quatre fois. Cet élément est, d’après le Shuowen jiezi 说文解字, le Jiyun 集韵 et le Kangxi zidian 康熙字典, une des formes anciennes du caractère 雷 léi qui signifie « tonnerre ». Le symbole juxtaposant quatre formes anciennes de ce caractère serait donc une façon de désigner un tonnerre ou un coup de tonnerre extrêmement puissant et effrayant.

deux caractères se disputent la première place

On considère communément que les deux caractères chinois comportant le plus grand nombre de traits dans la langue chinoise sont en fait les caractères zhé et zhèng avec 64 traits chacun. Tous deux sont répertoriés dans les célèbres dictionnaires de chinois classique précédemment mentionnés. Comme on le remarque, ils sont constitués de quatre éléments identiques juxtaposés : on parle en chinois de si tong hetizi 四同合体字.

Le mystère du caractère « biang »…

Même si les deux caractères précédemment cités sont les caractères les plus complexes de la langue chinoise, la plupart des Chinois ignorent leur existence et s’imaginent que le caractère chinois comportant le plus grand nombre de traits (56 traits) est le caractère biáng, du nom des célèbres nouilles (miàntiáo 面条) du Shaanxi cuites dans l’eau de la rivière Wei 渭 : les biángbiáng miàntiáo. Ce « caractère » est toujours visible sur les devantures de certains restaurants du Shaanxi qui ont fait de ces nouilles leur spécialité. Mais a priori, il ne s’agit pas d’un caractère réel puisque personne n’a encore trouvé la preuve de son existence dans un quelconque dictionnaire ou ouvrage de la Chine ancienne, bien qu’il soit mentionné dans le Guanzhong fangyan kao ciyu shi 关中方言考词语释 (Étude des termes dialectaux de la plaine centrale du Shaanxi). Plusieurs chercheurs ont néanmoins tenté de percer son mystère et des théories circulent à son sujet. Pour le folkloriste Yang Hui 杨辉 par exemple, il s’agirait d’un symbole utilisé dans l’ancien temps dans les monts Meishan 梅山 du Shaanxi, avec la combinaison de plusieurs éléments qui symbolisent la capture puis la mise à mort d’un cheval (马, au centre) au cours d’une partie de chasse. Il pourrait également s’agir d’un symbole de courage et de sagesse, qui se prononcerait en réalité piáng. Pour le linguiste Guo Qinna 郭芹纳, sa prononciation serait une nuance dialectale du Shaanxi pour bǐngbǐng miàn 饼饼面, expression qui désigne des nouilles fines et longues. Enfin, d’après Liang Chengqing 梁澄清, il s’agirait simplement de la transcription phonétique de l’onomatopée traduisant le bruit produit par le bâton en bois utilisé dans la confection de ces nouilles très larges, très longues et très plates.

Il est cependant étonnant de noter que ce « caractère/symbole » se retrouve avec quelques variantes graphiques dans d’autres régions de Chine, avec des prononciations et des sens différents, notamment dans les régions du Hunan, du Hubei, du Henan, du Hebei, du Shandong et du Shanxi. Ce qui nous amène à nous demander, en suivant la piste de réflexion avancée par Yang Hui, s’il ne s’agirait pas tout simplement d’un symbole de bon augure juxtaposant plusieurs caractères en donnant l’illusion qu’il n’y en a qu’un seul : on reconnaît notamment selon les modèles les caractères de la lune 月, de la parole 言, du cœur 心, du couteau 刂, du cocon de ver à soie 幺, mais aussi les caractères 长 (long), 穴 (cavité), 辶 (marche), et bien sûr 马 (cheval)… En assemblant plus largement certains caractères, on voit même apparaître le caractère 戀 de « amour » (恋 liàn). De là à émettre l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un zuzi (plusieurs caractères agglomérés ensemble pour donner l’illusion de n’en former qu’un), il n’y a qu’un pas…

Ainsi, même si biáng n’est pas le caractère chinois le plus complexe en nombre de traits, il est bien le caractère le plus énigmatique de la langue chinoise. Espérons que des chercheurs en perceront bientôt le secret…

Score:

Favorite

本网发布的所有文章、图片,如涉及侵权,该侵权行为导致的一切法律不利后果由文章、图片提供者(作者)本人承担,与国家汉办《孔子学院》院刊编辑部、网络孔子学院无关。

Share:

Similar Articles: more

ФАНЬ ИПИН. «ГОРА ТЯНЬДЭНШАНЬ»

ИНТЕРНЕТ­НЕОЛОГИЗМЫ И ПРЕПОДАВАНИЕ КИТАЙСКОГО ЯЗЫКА В РОССИИ

Fazendo girar as engrenagens da escrita

اللغة الصينية جسرًا يربط بين العالم وبعضه البعض